Vol.27, N°5 (2025) - Article 6

Perception des communautés sur la distribution et les nouvelles niches écologiques d’Afzelia africana (Afzélia d’Afrique) face aux changements climatiques et aux pressions anthropiques au Bénin

Cette étude porte sur la perception des populations sur la distribution et les nouvelles niches écologiques d'Afzelia africana face aux changements climatiques et aux pressions anthropiques. Cent quatre-vingt-huit (188) acteurs, impliqués directement ou indirectement dans l’exploitation de l’espèce, ont été enquêtés par méthode d’approche mixte dans les communes de Natitingou, Bassila et Zogbodomey le long du gradient climatique au Bénin. Les données ont été analysées à l’aide de logiciels statistiques R.4.4.2 à travers l’interface Rcmdr et le package Factominer. Ce qui a permis de réaliser des statistiques descriptives. Les tests statistiques exact de Fisher : Pr (>F) ont été réalisés afin d’évaluer les différences significatives (p < 0,05) de réponses entre les zones climatiques. Des histogrammes ont été réalisés dans le tableur Excel 2019 afin de voir les tendances évolutives (précipitations et températures) entre 1994 à 2024 annuellement. Par contre, l’évolution du nombre de jours où la température minimale (TN) est supérieure à 20°C, l’amplitude thermique diurne (DTR = TX - TN) et la stabilité des températures maximales extrêmes : TX95 =P95 (TX) ont été calculés entre 2020 et 2024 avec l’outil d’analyse climatologique ClimPACT2 exécuté dans le logiciel R version 4.4.2. L’analyse des résultats révèlent que 58,5 % des acteurs locaux perçoivent l’Afzelia africana comme peu résistante aux changements climatiques, avec des disparités régionales significatives (p <0.05). La conversion des terres est perçue comme la principale menace par 59,6 %, tandis que 44 % identifient les terres agricoles abandonnées comme nouvelles niches écologiques. Les variations de température impactent significativement la distribution d'Afzelia africana, selon la perception des acteurs locaux. Ils constatent que l'augmentation des températures minimales altère les conditions de croissance de l'espèce, affectant sa répartition géographique. Pour les acteurs locaux cette répartition serait due à des températures plus élevées dans certains écosystèmes. Cette situation intensifie aussi la compétition avec d'autres espèces mieux adaptées, réduisant l'espace et les ressources disponibles. De plus, un stress hydrique est observé, en particulier dans les régions vulnérables à la sécheresse. Les données montrent des fluctuations saisonnières dans les températures minimales (TN ≥ 20 °C) à Natitingou, Bassila et Zogbodomey, mais aucune tendance significative n'est observée, comme l'indiquent les p-values (0,419, 0,158 et 0,517). Ainsi, les variations semblent liées aux saisons le long du gradient climatique.

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